Start' & Tech

23 Octobre 2020

Yahya Bouhlel, l'espoir d'une génération

Yahya Bouhlel, l'espoir d'une génération

 Derrière sa carapace de fanatique du décodage, Yahya Bouhlel s’est dévoilé, sans réticence et en toute spontanéité, un café à la main et une attitude très décontractée. Maître dans l’art de la communication, le génie de la Tech m7ar7er à la tunisienne nous a fait découvrir l’Homme mais surtout l’artiste qui sommeille en lui. C’est le Hoa Tunisien, fierté de toute une nation avec sa success story unique en son genre, qui affirme que rien n’est impossible.

Mi-génie Mi-petit enfant

“J’ai toujours vacillé entre 0 et 1”, nous confie Yahya Bouhlel dans les premières secondes de l’entretien. Habité par le langage des chiffres et des algorithmes, Yahya Bouhlel s’est créé, enfant, deux mondes parallèles qu’il considérait parfaits. D’un côté il y avait le bon élève à l’école qui ne laissait rien paraître, de l’autre le cyber addict autodidacte qui ne pouvait s'empêcher tous les soirs de se ruer sur l’ordinateur de son père pour apprendre et développer son savoir-faire technique.

Son aventure avec le décodage a commencé à l'âge de 13 ans, quand il s’est passionné pour les jeux vidéo. Petit à petit, cette passion dévorante l’a amené sur le chemin de la réflexion où il a commencé à se poser des questions sur les changements que peut subir un système informatique.


"Make things happen " Y.B


Solution, pénétration, hacking, voilà ce qui l’a toujours animé dans ce challenge personnel qu'il a décidé de relever en dépit de tout. De Tunis à la Silicone Valley où il s'est formé aux côtés des meilleurs, Yahya Bouhlel a su s’imposer au fil des années face aux géants de la Tech. Grâce à cette envie viscérale de réussir qui l’a toujours guidé, le jeune homme a appris à dépasser ses limites. S'il pouvait aujourd’hui remonter l’horloge du temps et retrouver ces belles années d'immaturité, l’entrepreneur aurait conseillé au petit garçon avachi sur son ordinateur de s’ouvrir davantage aux opportunités, de croire dans ses capacités, de lire davantage et surtout de se fixer un objectif sur la durée.

L’autre c’est moi 

Fuyant, évasif, quelque peu gêné par la question, Yahya essaye de trouver la bonne expression pour se définir et puis finit par lâcher : “C’est encore un autre être que je veux devenir au fil de la réalisation de chacun de mes projets”. Se décrivant comme quelqu’un de très créatif qui accorde beaucoup d’importance à l’aspect exécutif, il a pour devise dans la vie : “Make things happen”. Faire bouger les lignes et amener ses projets à termes, voilà ce qui le rend humain.

Pour ce qui est du paysage entrepreneurial actuel en Tunisie, Yahya estime que la perception des jeunes reste assez limitée. C’est le résultat souvent de l’entourage toxique, des remarques décourageantes et même de la charge administrative que peuvent subir les nouveaux startupers.

Pour Yahya, la fonction réelle de l’éducation est d’explorer les potentiels des jeunes talents qui, une fois mis sur le bon chemin, peuvent s’octroyer le droit d’aller très loin. Le jeune entrepreneur trouve que la Tunisie est à des années-lumière en matière d’innovation. Pour dépasser ce gap qui grandit selon ses observations de jour en jour, le startuper propose de sauter le pas avec la création et le développement de concepts qui nous ressemblent pour s’éloigner du modèle copier coller.

Face aux difficultés que peuvent rencontrer les startupers aujourd’hui, Yahya considère l'échec comme étant la base de la réussite, une mine inépuisable de savoir qui fait partie du processus de création. Aussi naturel que nos instincts ou les besoins les plus basiques de chaque être humain sur terre, Yahya trouve que la partie la plus dure est de vivre avec l'échec pour pouvoir le surmonter et en faire une force. Parmi toute la panoplie d’anecdotes qu'il a vécue, il nous a réservé la meilleure : à l’époque de la création de Gomycode, qu’il a lancé avec juste 500dt et le bac en poche on lui a refusé le statut initial pour son entreprise parce qu’il n’avait aucun diplôme à presenter au centre de formation. Ceci ne l’a pas découragé, il opte alors pour le statut d’agence événementielle avant de le changer deux ans plus tard. (L'administration tunisienne n'a aucune agilité )

La Technologie, l’Art et la Philosophie, la trinité sacrée

Yahya Bouhlel, le bachelor tunisien qui n'a foi que pour Gomycode prend un certain plaisir à tordre le coup aux idées reçues à son égard. Un tantinet moqueur, un tantinet préoccupé, à ceux qui affirment qu’il correspond à l’étiquette de “l’intello”parfait, le génie binaire se défend par l’attaque et nous fait découvrir sa face cachée. Artiste dans l'âme à ses heures perdues, Yahya n'hésite pas à regarder le monde par le diaphragme de l’intelligence artificielle. Il s'anime pour nous expliquer comment, petit à petit, il a développé sa passion pour la photo à la lumière du spectre technologique en ayant recours à l’intelligence artificielle et à la philosophie. Le créateur de Gomycode considère que la photo va de pair avec le codage, dans ce sens il opte pour les photos noir et blanc qui permettent, selon sa perception, de se concentrer davantage sur les formes, les textures, les lignes et non les détails. 

À l'image du codage, Yahya approche l’acte photographique avec beaucoup de sensibilité : raconter une histoire, susciter une émotion, aliéner force et fragilité. Plus qu’un génie de l’art des algorithmes binaires Yahya Bouhlel est une plume hors pair qui a choisi d’écrire l’Histoire d’une nouvelle génération avec les lettres 0/1.

 

Soodeed C.