Way Of Life

18 Juillet 2019

Who's Hoa ? René Trabelsi, le ministre hyper-actif et positif !

Who's Hoa ? René Trabelsi, le ministre hyper-actif et positif !

Nommé ministre du tourisme en novembre 2018, René Trabelsi se démène sur le terrain et les plateaux télé pour défendre la destination Tunisie. Hoa l'a rencontré et vous livre son portrait. 


Visites, salons internationaux, coups de fil aux organisateurs de festivals arrêtés pour les relancer (notamment, les Dunes électroniques), interviews et émissions populaires à l’international: René Trabelsi était sur tous les fronts depuis sa nomination au ministère du Tourisme en novembre. Mais ce 27 juin, alors que la Tunisie est touchée par un double attentat à Tunis et par l’annonce de l’hospitalisation du Président, le Franco-Tunisien s’est définitivement imposé comme un ministre incontournable. Avec une seule méthode: « Occuper le terrain » pour promouvoir la Tunisie.


« J'ai tenu à aller à la rencontre des commerçants, afin de leur dire que dès le lendemain, les touristes seraient de retour. Il fallait que je leur dise moi-même, un communiqué n'aurait pas été suffisant » 


« Cette journée, je la redoutais et j'espérais ne pas la vivre pendant mon mandat. C'est compliqué à gérer. Les cellules anti-Tunisie ressortent. Beaucoup de gens ne souhaitent pas que le pays s'en sorte », explique le ministre qui, 15 minutes après l’annonce de la première explosion, ce 27 juin, rassemble ses conseillers dans son bureau. Ils y resteront jusque tard dans la nuit, surveillant en temps réel les publications et diffusions dans les médias locaux et étrangers. Parallèlement, René Trabelsi contacte les représentants régionaux : « Nous voulions connaître la réaction des touristes dans les hôtels, savoir si les Tours opérateurs s'inquiétaient. » Il est vite rassuré: « Les touristes, même ceux qui se trouvaient avenue Bourguiba pendant l’attentat, gardent leur sang-froid. Peut-être même plus que les Tunisiens. Ils savent à présent que c’est quelque chose qui peut arriver dans n’importe quel pays. »
 
Dans l'après-midi, ce père de 7 enfants et grand-père de 3 – vivant en France mais tous détenteurs du passeport Tunisien « parce que j'y tenais » - sort avenue Bourguiba. Cette « balade » fera presque plus parler que celle du Premier ministre Youssef Chahed et du ministre de l’Intérieur. René Trabelsi prend son temps, serre les mains et rassure. C’est un ministre-« monsieur-tout-le-monde », malgré les gardes du corps, qui met à l’aise et n’intimide pas. « J'ai tenu à aller à la rencontre des commerçants, afin de leur dire que dès le lendemain, les touristes seraient de retour. Il fallait que je leur dise moi-même, un communiqué n'aurait pas été suffisant. C'était les premiers à s'inquiéter. Je ne cherchais pas les médias, mais ils étaient là. Cela m'a permis de faire passer un autre message : « soyez responsables, ne tombez pas dans le piège du buzz » ».

  

En professionnel du tourisme, René Trabelsi estime en effet qu'une des erreurs de 2015 a été de laisser diffuser les images de la fusillade et des victimes agonisantes : « Il fallait être plus sévère avec les personnes qui ont véhiculé ces images. Il ne s'agit pas de liberté de la presse mais de respect des victimes et d'éviter la propagande du terrorisme. »

Jusque tard dans la soirée, il répondra aux sollicitations des médias. Il se voit proposer l'interview de Jean-Pierre Elkabbach pour la matinale de Cnews : « J'ai eu peur. J'ai appelé le chef du gouvernement qui m'a dit « Vas-y, j'ai confiance en toi. » » Le ministre décide donc de prendre le vol Air France de 2 heures du matin. A l'aéroport, dans le salon officiel, cet homme social et avenant angoisse : « J'étais seul, je regardais les nouvelles. J'ai dit à mon agent de sécurité : « Je vais aller saluer les policiers. » Je craignais aussi qu'on pense que je me sauvais au moment où il fallait être solidaire avec le pays. » Il dit un mot aux policiers puis aux passagers qui attendent leur vol. Il ne reste que 15 minutes avant l’embarquement. René Trabelsi ne veut pas retourner dans le salon officiel et s’assoit, tout simplement, dans un coin de la salle d’attente. Une photo de lui circulera sur les réseaux sociaux pendant plusieurs jours. On loue ce ministre humble qui reste au milieu des gens sans se soucier de sa sécurité : « On recherche toujours l'auteur de la photo, rigole-t-il. Cela n'était pas fait exprès, cela s'est fait naturellement, même si mon agent sécuritaire n'y était pas favorable. »

A Paris, pendant deux jours, le ministre, qui avait déjà fait le buzz en participant à l’émission « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna, va choisir soigneusement ses interventions dans les médias. : « J'ai fait France 24 car la chaîne est diffusée dans les hôtels et elle est également suivie par la communauté maghrébine, forte clientèle en Tunisie. RTL, car c'est une radio importante... » L'homme, qui n'a reçu aucune formation en communication, s'en sort bien. « C'est un communiquant de nature », indique son attaché de presse. « On m'a toujours dit que j'avais réponse à tout, sourit René Trabelsi, pragmatique. Etre un professionnel du secteur me donne de la crédibilité. Je parle de la réalité, je ne fais pas de politique. De toute façon, il s'agissait d'occuper le terrain, ce n'est pas grave de bafouiller ou de faire un peu de langue de bois. » Il est si présent dans les médias que ses dernières interviews évoquent d'avantage le secteur touristique que les attentats. Il se félicite même ouvertement qu’une chaîne française ait annulé son interview quatre jours après les attaques: « Ils ne voulaient plus parler des attentats, c’était fini. Les médias français n’ont pas joué la carte émotionnelle, ils n’ont pas ressorti le dossier des djihadistes », se réjouit-il. Bref, la mission « séduction » du ministre du Tourisme auprès des médias est réussie alors que beaucoup doutaient de l’homme, étiqueté « juif », lors de sa nomination.

« Si tu veux aider ton pays, c'est maintenant. » 

 
Lui-même avoue qu'il n'avait pas tellement envie de ce poste : « J'avais déjà été pressenti en 2014. Cette fois, j'avais eu plusieurs conversations sur le tourisme avec Youssef Chahed. Quand il m'a demandé d'accepter ce poste, je trouvais cela compliqué pour mes affaires, ma famille installée à Paris...Il m'a fait comprendre que je n'avais pas le choix : « Si tu veux aider ton pays, c'est maintenant. » » Ses parents l'avaient prévenu : René Trabelsi a dû faire face à une opposition virulente liée à sa religion. L’homme évoque les débats sur sa nomination au parlement, sa photo brûlée… On le sent touché. « Le problème c'est qu'on cache l'anti-juif derrière l'anti-sionisme. En fin de compte, cela a eu un effet contraire sur la population. Je suis devenu leur protégé. »



Son air jovial et la sympathie naturelle qu’il dégage joue en sa faveur. Dans la solennité de son bureau, René Trabelsi met tout de suite à l’aise. Facile d’accès -contrairement à certains de ses collègues-, il n’hésite pas à donner son numéro de portable personnel et se souvient de ses interlocuteurs, leur demandant des nouvelles. Il se livre lui-même facilement, n’hésitant pas à parler de sa propre famille, qui lui manque, et du mariage trois jours plus tôt d’une de ses filles. Pendant Ramadan, il regrettait que sa fonction de ministre l’empêche d’aller jouer aux cartes dans les cafés en soirée « comme avant ». Face à lui, on a rapidement l’impression d’être face à une vieille connaissance.


Agé de 56 ans selon l'état civil, René Trabelsi s'est déjà heurté aux difficultés liées à sa confession. En 1985, année où il doit passer le bac, un policier tunisien ouvre le feu dans l'enceinte de la synagogue de la Ghriba. Trois personnes sont tuées, dont un de ses neveux âgé de 5 ans. Une semaine auparavant, un bombardement israélien à Hammam Chott tuait 50 Palestiniens et 18 Tunisiens. L'ambiance est tendue, même à Djerba où René Trabelsi est né et étudie et où la communauté juive est bien installée. Le ministre quitte alors la Tunisie pour Paris, quelques semaines avant de passer le bac.

             

En France, très vite, il commence à travailler sur les marchés dans le textile. « Comme pour tout le monde, c'était dur de trouver un travail. Et les études étaient compliquées car j'avais un très faible français. » Il deviendra ensuite commercial dans le tissu, puis ouvrira une épicerie. De Djerba à Paris, sa passion du foot est restée intacte. Le joueur de l'équipe de Djerba continue de pratiquer à l'Inter de Paris avec des Tunisiens de différentes confessions. En 1988, avec ses quatre frères, il ouvre une franchise d’un magasin Franprix. Ils développeront l'affaire, ouvrant un magasin par an, pendant quasiment 10 ans. Aujourd’hui, la famille continue d’en gérer cinq. Parallèlement, René Trabelsi est souvent demandé pour l'organisation de vacances en Tunisie et ouvre une petite agence de voyage de quartier. En 2001, il se décide à développer cette activité : « J'ai rencontré le ministre du Tourisme, Mondher Zenaidi, qui m'a encouragé à ouvrir un Tour opérateur sur la Tunisie alors que beaucoup arrêtaient les pays arabes suite au 11 septembre. » Royal First Travel « cartonne » de 2003 à 2007, atteignant jusqu'à 130 000 clients par an. Monagence.com, sa deuxième société qui vend des voyages par Internet, fonctionne également très bien.

Aujourd'hui, c'est l'un de ses quatre frères, Joseph, qui gère les deux sociétés. Pour un temps du moins. Car lorsqu'on demande à René Trabelsi ce qu'il fera lorsqu'il quittera son fauteuil de ministre, il répond sans hésiter : « Ce que j'ai toujours fait : faire venir des touristes en Tunisie. »

 

Maryline Dumas

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