Way Of Life

20 Avril 2021

La stérilité masculine ne doit pas être tabou

La stérilité masculine ne doit pas être tabou

 

« Vous en connaissez beaucoup des mecs qui vous diraient qu’ils sont stériles ? » En Tunisie, La stérilité masculine touche un homme sur dix. Pourtant le sujet reste tabou, et les concernés portent cette incapacité comme une honte.

 

Hoa est allé à la rencontre d’un homme qui en parle sans complexe. 

 

 

 

« Les hommes sont fertiles toute leur vie ! » Longtemps, on nous a rabâché les oreilles avec cette affirmation et on a fini par y croire, rien que pour satisfaire notre égo ! Si la fertilité est brandie comme un étendard de la virilité est un parfait indicateur de la puissance sexuelle, la science nous dit tout l’inverse. Messieurs, votre performance au lit n’a rien à voir avec votre capacité à faire des enfants ! De quoi rassurer un grand nombre d’entre nous, qui n’a pas du tout envie de se retrouver avec un bébé sur les bras à chaque fois qu’on se fait plaisir… Les Américains l’ont compris bien avant nous et plusieurs d’entre eux se sont même fait vasectomiser pour éviter une grossesse non désirée. Alors, répétons ensemble : « la stérilité (le fait de ne pas pouvoir engendrer) ne veut pas dire impuissance (une incapacité totale ou partielle à avoir une érection). »

Maintenant que c’est clair, pourquoi de l’autre côté de l’Atlantique, existe-t-il une omerta autour de l’infertilité masculine ?

 

« Hush ! N’en parlons pas ! »

Si on n’en parle pas, c’est que ça n’existe pas. Pourtant la stérilité masculine touche un homme sur dix et les projections revoient ce chiffre à la hausse pour les prochaines années à cause de l’exposition à la pollution et aux perturbateurs endocriniens.

« Entre nous, vous en connaissez beaucoup des mecs qui vous diraient qu’ils sont stériles ? »

demande Olivier Poivre d’Arvor, écrivain, journaliste et ancien ambassadeur de France en Tunisie. Maintenant oui, vous ! avons-nous pensé lors de notre rencontre à la résidence de l’ambassadeur de France.

Olivier Poivre d’Arvor n’est pas un cas isolé dans le monde et en Tunisie. C’est juste qu’il a eu le courage d’en parler et d’en livrer le récit dans un livre, « Le jour où j’ai rencontré ma fille », un roman autobiographique narrant le parcours d’un quinquagénaire qui découvre sa stérilité. Il écrit : « J’étais stérile depuis longtemps. C’était vexant, cela renvoyait à une tare, un handicap, voire une malformation. Des organes défaillants ou inadéquats. »

 

 

 

Je suis stérile, donc je souffre

C’est le cogito ironique adopté par Olivier Poivre d’Arvor lorsqu’il a appris sa stérilité. S’il aborde à présent la question avec un certain recul et beaucoup d’autodérision, ça n’a pas toujours été le cas. Après plusieurs examens médicaux ayant confirmé cette impossibilité d’enfanter, il avait dû apprivoiser le mot : « En disant partout, y compris à ceux qui ne voulaient pas l’entendre et n’avaient aucune raison de s’y intéresser, que j’étais stérile, je m’appropriais le terme. »

 

Interviewée par Hoa, la psychanalyste Geneviève Delaisi De Parseval, experte dans le sujet de la stérilité masculine et auteure du livre « Voyage au pays des infertiles », explique que l’annonce de l’infertilité chez un homme est perçue comme une blessure narcissique et une amputation. Une affirmation qui trouve écho auprès d’Olivier Poivre d’Arvor.

 

En effet, s’il ne l’avait pas ressenti comme une atteinte à sa virilité, il admet l’avoir ressenti comme un handicap : « Je reconnais avoir hésité la première fois, en écrivant le mot « stérile » après avoir appris ma condition dans son caractère définitif : je suis stérile. J’étais anéanti. Le père qui était en moi, du moins. » Mais rassurez-vous, la stérilité du diplomate ne l’a pas empêché de devenir l’heureux père de sa fille, adoptée au Togo. « Une rencontre qui m’a transformé », nous confie-t-il, les yeux pétillants.

Olivier Poivre d’Arvor a pris le temps de cohabiter avec sa condition et de concrétiser son projet de paternité. D’autres hommes, mariés ou en couple lors de la découverte de leur stérilité, font face à d’autres craintes.

Non, votre femme ne vous quittera pas parce que vous êtes stérile.

Selon l’experte en la matière, le constat de la stérilité chez un homme est d’autant plus brutal lorsqu’on est en couple et qu’on a nourri un projet d’enfant. Ayant travaillé avec plusieurs couples hétérosexuels infertiles depuis 1982, la chercheuse estime que la situation perçue comme une infirmité est doublée par un sentiment de culpabilité vis-à-vis de la compagne. Désormais, non seulement l’homme stérile fait le deuil de sa filiation biologique définitivement inexistante, mais il nourrit en plus la peur d’être quitté par sa femme.

En l’absence de chiffres officiels sur la question en Tunisie, Hoa a sondé 150 femmes tunisiennes sur internet, âgées de 20 à 55 ans. 85% des sondées n’ont pas d’enfants, expriment de l’empathie à l’égard des concernés et 91,2% d’entre elles disent ne pas penser à quitter leur partenaire si elles apprenaient sa stérilité. De quoi dédramatiser les faits : Non ! Votre femme ne vous quittera probablement pas si elle apprenait que vous êtes stérile.

Qu’en est-il alors lorsqu’on décide d’en parler librement ?

« Je suis stérile et alors ? »

D’autres craintes ressortent chez les hommes concernés : le regard de la société. Notre psychanalyste nous explique que l’annonce de la stérilité masculine s’avère un peu plus rude que celle concernant les femmes : étant donné qu’une bonne partie de la société confond stérilité et impuissance, l’homme stérile croit sa virilité remise en question à travers le regard dédaigneux de son entourage.

Olivier Poivre d’Arvor en a fait l’expérience lorsqu’il a annoncé à ses collègues sa stérilité : « Depuis ce jour à la radio, j’avais l’impression que quand mes collègues me croisaient, ils marchaient, avançaient, travaillaient avec la nuque un peu baissée, la tête légèrement inclinée vers le sol. Je me mis à leur place : c’est vrai qu’un directeur stérile pour une radio qui se veut créative, ça n’était pas rassurant. (...) J’évitais déjà de me regarder dans la glace le matin, désormais, c’était le regard des autres qui me rappelait toute la journée à mon humaine et défectueuse condition. » Ce regard n’a pas empêché l’ancien directeur de France Culture d’avoir une carrière fulgurante en France et outre-mer. Coucou les haters !

Geneviève Delaisi De Parseval affirme que la décision d’évoquer ce sujet librement est aussi un mécanisme de défense et une manière d’accepter sa situation. Pour elle, Olivier Poivre d’Arvor coupe court au bruit de couloir en abordant son infertilité sans complexes. Dans son cas, en parler c’est se réapproprier son destin. Une façon de dire : « Il n’y a rien à voir ici ! Passez votre chemin ! »

Assumer sa stérilité en société reste un acte courageux et rarissime. L’infertilité masculine reste à l’origine de 40% de l’infécondité d’un couple, une seule solution reste plausible : l’adoption. Le don de sperme étant interdit par la loi tunisienne.

Sarah Ben Ali 

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