20 Juin 2021

Tunisie | Un premier ministre à l'ouest et un pays à la dérive

Tunisie | Un premier ministre à l'ouest et un pays à la dérive

Crise économique, crise sanitaire, violences policières, passivité politique...pendant longtemps nous avons cru que la situation en Tunisie était une résultante quasi obligatoire d'une révolution démocratique. 

En réalité ? Que nenni. Cette situation n'émane que d'une série de mauvais choix et de mauvais gouvernants. 


MECHICHI ou la leçon de sohét el rass 3ala 3ajla 

Depuis qu'il est là, rien ne va, aucune concrétisation, aucune bonne nouvelle, aucune action bénéfique pour le peuple, que du flou, de l'amateurisme voire quelques fois de l'incompétence tadhreb tasra3. 

Si la crise sanitaire n'a fait que creuser davantage le gouffre dans lequel s'enfonce minute après minute le peuple Tunisien, les magouilles, l'égo, l'incompétence de nos gouvernants politiques eux n'ont fait qu'accélérer cette descente aux enfers. 

En quelques mois, Mechichi a tout fait foirer. Gestion du covid, bafouement des libertés individuelles, étouffement de la jeunesse, Exercice diplomatique chaotique ... bref, echgarebek lil wed ya mechichi.


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Pourtant on y a cru, à sa nomination, nous-même à la rédaction de Hoa nous avons été enthousiastes de sa nomination. On voyait en lui, pur produit du système Tunisien, l'élite de la nation, notre sauveur, notre Premier  ministre inconnu, discret mais efficace... bon bah c'est raté. 


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Et la Tunisie dans tout ça ? 

La Tunisie s'est perdue en chemin, sa jeunesse totalement désespérée se replie dans l'extrémisme de presque tout.

L'extrémisme religieux, l'extrémisme de la "chikha" lire dans les drogues dures, l'extrémisme de la pensée qui n'intègre donc nullement la place au débat et l'ouverture vers l'autre ... Super l'ambiance ! 

Quant aux institutions de l'Etat, elles ne s'expriment que par la sanction, la menace, le pouvoir mais rien n'est bâti sur la lutte des problématiques essentielles de la Tunisie : Pauvreté, liberté, justice, corruption ... ah non, pour tous ces thèmes Erja3 ghodwa, lioum el système tayah. 

Si en 2011, on a vu toute une génération se mobiliser pour la reconstruction du pays : entrepreneurs, figures politiques, société civile, en 2021, cette jeunesse-là, ne constitue plus qu'un petit groupe de résistance alors que sa réelle place était au gouvernail du pays. 

Gestion du covid qui marque incompétence et inconscience 

Alors que nos voisins marocains commencent à cueillir les fruits de leur stratégie, depuis le lancement de la campagne nationale au Maroc le 29 janvier dernier, la première dose du vaccin a été administrée à 9.372.198 personnes alors que 7.889.708 citoyens ont reçu la 2e dose. 

Nous en Tunisie, on ne fait que galérer, on a fait de la médiocrité et du ridicule une stratégie d'Etat. Net7aylou avec presque tout y compris avec ce virus, on a voulu faire la guerre à un virus mondial à coup de mini mesurettes stériles " habét el kressi w tala3 el kressi" 

L'Etat a non seulement mal géré les mesures, le respect des règles sanitaires mais surtout il a totalement failli dans son rôle de sensibilisateur. Oui, car en Tunisie l'Etat ne sensibilise pas, ah non non, il sanctionne direct. Résultat 1? un peuple qui ne comprend rien, méfiant de tout, complotiste et incapable de mesurer la gravité de la situation. Résultat 2? des centres de vaccination qui ne veulent pas travailler en dehors des horaires administratifs, des médecins qui font grève et évidemment des passe-droits, du copinage par-ci, par-là ... le tiers monde quoi ! 

Les heurts à Sidi Hassine sont le miroir de l'âme des Tunisiens ... en feu et à sang ! 

Une vidéo virale, publiée il y a quelques jours sur les réseaux sociaux montrant un jeune homme arrêté et déshabillé par des policiers en civil avant d'être battu, lors une manifestation à Sidi Hassine pour protester contre les violences policières, a fait réagir l'ONU, qui a fait part de son inquiétude en affirmant " qu'il existe des signes de dysfonctionnement continus au sein des services de sécurité intérieure en Tunisie dont la résolution exige une volonté infaillible tant des pouvoirs exécutif que judiciaire ". Des problèmes à tous les niveaux et un Etat aux abonnés absents.

La Tunisie était non seulement un espoir pour la région, mais pendant plusieurs années et malgré toutes les difficultés, nous autres jeunes avions lutté de toutes nos forces pour ne pas perdre de vue notre rêve que de vivre dignement et justement dans notre pays.

Finalement, aujourd'hui un blocage continu ainsi que la situation catastrophique sur tous les plans donnent raison à ces voix médisantes qui affirment que la démocratie n'est pas compatible avec les pays du tiers monde. 

Essia Chouikha 

Tunisienne désemparée