Hoa مع Heya

25 Mars 2021

Y a-t-il des hommes féministes en Tunisie ?

Y a-t-il des hommes féministes en Tunisie ?

En voilà une question que l’on se pose rarement, mais qui est pourtant essentielle : la Tunisie compte-t-elle des hommes féministes aujourd’hui ? Dans tous les cas, ils sont rares. La lutte contre les injustices faites aux femmes, sur tous les plans, a toujours été attribuée aux femmes. Pourtant, dans notre pays, certains hommes ont eu le courage de rejoindre ce combat qui est loin d’être gagné. Seulement, on les compte sur les doigts de la main. Quel est cet homme tunisien que l’on peut vraiment qualifier de “féministe” en 2021 ?


La Tunisie est, certes, une exception en matière de droits des femmes et d’égalité entre les sexes, mais sur le terrain, cette égalité est loin d’être acquise à bien des égards. Le combat pour ses droits est mené par des grands noms féminins qui ont marqué notre histoire. Cependant, on ne peut que déplorer l’absence de la gent masculine dans ce combat pourtant vital.

Des hommes qui ont marqué l’Histoire et les rares qui essayent de poursuivre le combat

Or, dans l’Histoire, nombreux ont été les hommes à avoir choisi de nager à contre-courant en soutenant la cause féminine dans une société patriarcale, où la femme était considérée comme une citoyenne de seconde zone. On pense à Fadhel Ben Achour, un théologien, écrivain, syndicaliste, universitaire et intellectuel tunisien (1909 - 1970) et à l’incontournable Tahar Haddad (1899 - 1935) qui était un pionnier en matière de défense des Droits des femmes en Tunisie. Le leader Habib Bourguiba est aussi entré dans la cour des défenseurs des Droits des femmes grâce à des décisions qui ont attiré les foudres des intégristes et des obscurantistes de son époque - Le Code du Statut Personnel -.

Et aujourd’hui ?
 
La Tunisie manque cruellement d’hommes que l’on peut qualifier de féministes. Une simple recherche sur Internet le prouve. Essayez de chercher “homme féministe en Tunisie” et vous allez voir (bonne chance).
Heureusement qu'il y a tout de même quelques hommes qui affichent un engagement sincère en faveur de la cause des femmes.
Kerim Bouzouita membre de l’ancienne COLIBE (Commission des Droits et des Libertés créée le 13 août 2017). Très actif dans la lutte pour les libertés individuelles, le militant - qui est aussi journaliste, artiste et blogueur -, s’est distingué par ses opinions et ses positions courageuses en faveur des femmes.
Néjib Belkadhi, il y a quelques années dans une vidéo de l'association Beity pour dénoncer les violences faites aux femmes, il participe à une parodie de l’émission controversée Andi Ma Nkolek, il s’attaque à la sérieuse question des violences conjugales subies par les femmes tunisiennes. C’est une vidéo de 2 minutes et 39 secondes. Elle montre, tout en critiquant l’émission originale qui encourage d’une certaine manière les violences faites aux femmes, la pression subie par les Tunisiennes violentées par leurs époux. “L’homme qui vous a battue travaille jour et nuit. Peut-être qu’il était énervé ou que vous lui avez préparé un plat non appétissant. Rentrez chez vous et restez discrète !”, a lancé l’acteur, non sans ironie, pour dénoncer les violences conjugales.
Haythem El Mekki, journaliste et haut parleur d'une voix révoltée, Haythem est souvent critiqué pour sa parole libre et décomplexée. Pourtant, il fait partie des rares personnalités publiques dans le monde des médias qui milite pour la cause des femmes. 

La politique, un monde où les féministes n’ont pas beaucoup leur place

Nous avons donc des exemples intéressants d’hommes qui militent, à leur façon, pour les Droits des femmes. Ce qui est aussi intéressant, est qu’ils font parties de la société civile et du monde de l’art. Cela souligne, une fois encore, l’absence flagrante de la défense des femmes dans le monde politique. 
Nous pouvons tout de même citer ceux qui se sont prononcés clairement en faveur de l’égalité à l’héritage.
Mongi rahoui 
Said Aidi 
Hamma Hammami 
Certes, dans leurs différentes déclarations, on entend les progressistes faire les louanges de la femme tunisienne et plaider pour ses droits. Seulement, ils ne le font que pendant les grandes occasions dédiées aux femmes à l’instar du 8 mars, Journée Internationale de la Femme, et du 13 août, Journée Nationale des Femme. En dehors de cela, il faut qu’il y ait un viol atroce, une discrimination grave à l’égard des femmes, un accident mortel qui emporte les ouvrières agricoles, ou que sait-on encore, pour qu’ils se décident à aborder la question.

C’est la preuve que la culture féministe est loin d’être ancreé dans la conscience politique et qu’elle ne constitue qu’un fond de commerce, un sujet dont on ne parle que rarement pour “décorer” le débat. Y a-t-il des hommes féministes en Tunisie ? Ils sont rares dans la société - mais il faut les valoriser ! -. Nous avons encore du pain sur la planche.
 
Fakhri Khlissa 

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