Way Of Life

10 Mars 2021

En Tunisie, la loi ne sanctionne que le citoyen et la jeunesse !

En Tunisie, la loi ne sanctionne que le citoyen et la jeunesse !

 “La loi sera appliquée”, “veiller sur l’application de la loi”, “tabak el kanoun”... Combien de fois avons-nous entendu ces phrases sortir de la bouche des trois têtes du pouvoir - Bardo, Carthage et La Kasbah - ? Elles sont nombreuses. Seulement, il y a une question bien plus importante que celle de l’application de la loi et qu’il faut poser : ceux qui en ont fait un slogan respectent-ils cette loi qu’ils semblent chérir tant ? Pas si sûr.


Il suffit, pour s’en rendre compte, de citer quelques exemples. Thama, tout d’abord, le fameux 27 février 2021, jour de la marche d’Ennahdha que l’on veut rendre nationale à tout prix. Les plus simples des consignes sanitaires, malgré la gravité de la situation, ont été jetées aux oubliettes. Le président de l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple), Si Rached Ghannouchi, a été le premier à les enfreindre. La preuve : le baise-main auquel il s’était donné à coeur joie. Le Cheikh semble avoir beaucoup aimé. Et c’est sans parler de violations d’un autre type et qui sont bien plus graves : celles que l’on observe au niveau du règlement intérieur de l’ARP (sujet twil, on y reviendra un autre jour).

Nemchiw tawa li Si Kaïs Saïed, président de la République tunisienne - ou d’une autre planète ? Chkoun yaaref… -. Là encore, sur le plan sanitaire, il ne fait pas mieux. Il a le don d’attirer les gens là où il va, et ce malgré les consignes sanitaires strictes. Quant à Si Hichem Mechichi, il suffit de se rappeler de son passage éclair à Paris en décembre 2020. Dès son retour en Tunisie, il n’a même pas été confiné une seule journée, alors que des compatriotes venant de l’étranger se tapent une semaine à l’hôtel à des milliers d’euros.

Autre incident qui s’est produit dans la nuit du mardi au mercredi 10 mars 2021 et qui prouve encore que la loi ne s’applique qu’au petit peuple et aux jeunes : le sit-in du PDL (Parti Destourien Libre) devant le siège de l’Union des Savants Musulmans, situé sur l’avenue Khaïreddine Pecha de Tunis. Comme cela ne suffisait pas, la troupe d’Al Karama a débarqué sur les lieux en pleine nuit pour déloger les sit-inneurs. La mascarade a pris fin lorsque la violence a atteint des degrés alarmants, ce qui a nécessité une intervention policière musclée. Sans cette violence, on aurait laissé les députés d’Al Karama et ceux du PDL libres comme l’air en plein couvre-feu.

Une guerre contre la Tunisie et contre la jeunesse

Pourquoi parler de tout ceci ? C’est en rapport avec notre sujet de départ : les têtes du pouvoir et l’État veulent que la loi soit appliquée, mais paradoxalement, ils la violent. Ils ne sont pas seuls : une bonne partie des politiques au pouvoir le font. Mela aala chkoun yetabak el kanoun ? C’est évident : aala tounsi, et pour être plus précis, aala la jeunesse tunisienne.

Vous voulez des preuves ? Il y a, tout d’abord, les jeunes manifestants emprisonnés lors des dernières manifestations contre le pouvoir. Il y a, surtout, l’emprisonnement de la jeune Rania Amdouni, artiste féministe de la communauté LGBTQ+, dont nous parlions dans cet article. Détenue depuis le 27 février 2021, celle-ci, pour rappel, a été condamnée à 6 mois de prison ferme le 4 mars 2021 pour atteinte à la morale publique. Et pas que : avec exécution immédiate !

En d’autres termes, la loi n’est appliquée que sur le petit citoyen et sur la jeunesse. Ceux qui prétendent la défendre, ne la respectent que lorsque ça les arrange. C’est un fait, un constat terrible pour l’État de droit. Behi, hana on a dénoncé ces absurdités, sachant que les consoeurs et les confrères sont aussi nombreux à le faire. Et après ? Il ne se passera pas grand-chose tant que les mêmes têtes resteront au pouvoir, menant leur guerre contre le pays et sa jeunesse.
 

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