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08 Mars 2021

Ces choses qu’une femme tunisienne ne peut pas faire

Ces choses qu’une femme tunisienne ne peut pas faire

C’était donc ce lundi 8 mars 2021 que la Tunisie, comme d’autres pays, a célébré la Journée Internationale de la Femme. Sayeb aalina mel les beaux discours et la langue de bois : nemchiw lel shih. Malgré tous les progrès qui ont été accomplis en matière de droits des femmes, malgré tous les acquis, on est encore loin du compte en matière d’égalité parfaite entre les deux sexes. D’ailleurs, le simple fait qu’une journée entière soit encore consacrée aux femmes - deux en Tunisie avec le 13 août - montre que nos dames sont encore loin d’être égales aux hommes. En effet, elles ne devraient pas avoir besoin de ce 8 mars ou de ce 13 août pour rappeler qu’elles existent et qu’elles ont des droits. Normalement, ça doit aller de soi. Nous sommes tous égaux car nous sommes tous humains.


Seulement, en Tunisie, malgré tout ce que l’on peut chanter, la femme subit tant de discrimination sur tous les plans : politique, écononie, société… Une impressionnante pression sociale qui pèse sur ses épaules et qui l’empêche d’avancer. Voici les principales difficultés auxquelles les femmes sont confrontées en Tunisie.

Trouver un travail

Si vous avez “le malheur” d’être une femme et que vous cherchez un travail, sachez que vous avez plus de chance d’être au chômage qu’un homme, comme en témoignent les chiffres de l’Institut National des Statistiques (INS). De fait, la gent féminine est deux fois plus touchée par le chômage : 22% d’entre elles, contre 12,4% pour les hommes.

Une inégalité salariale beaucoup trop pesante

Question salaires, n’en parlons pas. Les inégalités entre les deux sexes existent aussi bien dans le secteur public que privé. Selon les chiffres de l’INS, l’écart entre les deux salaires peut atteindre 25,4% en faveur des hommes. C’est pire dans le secteur informel, notamment en ce qui concerne les ouvrières agricoles. Elles gagnent 35,5% de moins que les hommes.

Le droit d’hériter comme un homme

Le débat sur l’égalité successorale a fait couler beaucoup d’encre en Tunisie, mais il a rapidement été jeté aux oubliettes. La preuve : depuis que l’ancien président de la République, Feu Béji Caïd Essebsi, a présenté son projet de loi sur l’égalité successorale, on n’en a plus entendu parler. Certes, la Tunisie est un pays musulman. Mais c’est aussi un pays avec un État civil qui respecte la liberté et les croyances de chacun - du moins sur le papier… -. Le Saint Coran semble, en effet, être clair, mais gare aux interprétations hasardeuses. Il est également important, en même temps, de laisser chacun choisir à qui il souhaite accorder son héritage et comment il veut procéder. S’il veut respecter les principes de l’Islam, soit. S’il veut donner à sa fille et à son fils des parts égales, soit. S’il veut donner davantage à sa fille, soit. Laissez les gens vivre et mourir en paix…

Des responsabilités à ne plus en finir

En Tunisie, une femme doit savoir tout faire : travailler, faire le ménage, cuisiner (et bien !), s’occuper des gosses, sortir les poubelles… Tout ! Cela fait une sacrée charge mentale si lourde qu’elle n’est pas sans conséquences sur sa santé mentale et physique. Si un jour elle a la “mauvaise idée” de se reposer ou si elle commet “une gaffe” en préparant le dîner, elle est morte !

Une pression sociale écrasante

Sur le plan social, il y a encore du pain sur la planche concernant la condition féminine. Des fails d’une simplicité déconcertante le prouvent. Qu’une femme sorte toute seule ou avec un groupe d’amis est très mal vu en Tunisie. C’est pire quand elle souhaite prendre un café avec un ami, voire même un collègue de travail. Dans les cas extrêmes, elle est empêchée de voir même ses amiEs !

Elle doit se marier, sinon “tbour”

Ah le mariage, cette tradition que l’on a transformée en malédiction en Tunisie. Si une femme dépasse les 30 ans, c’est bon, elle devient “bayra” comme on dit en tunisien. Il faut donc absolument qu’elle se marie “bech tet’hana”. En d’autres termes, on cherche souvent à la caser et à tracer sa vie, quel que soit son âge.

Toujours draguée, partout, par les regards indiscrets

Là où la femme passe, les yeux de certains esprits masculins mal tournés passent avec elle. Dans la rue, dans les grandes surfaces, ou n’importe où : quand elle marche, elle est exposée à des regards dragueurs, indiscrets et irrespectueux. “Winek hobbi”, “mahla zinek”... Bref, on vous épargne les détails...

Une femme n’a pas sa place dans la politique

La scène politique montre clairement à quel point les tunisiennes sont discriminées. Très peu de femmes accèdent à des fonctions de hautes responsabilités. Pourquoi pas une femme cheffe du gouvernement ? Pourquoi pas une femme ministre de la Défense ou de l’Intérieur ? Ce sont des postes qui ont toujours été confiés à des hommes. Pourtant, ce ne sont pas les compétences féminines qui manquent. De plus, il ne s’agit pas de désigner une femme juste parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle est une compétence capable de faire la différence…

A méditer.
 
Crédit caricature : Courrier International

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