Start' & Tech

02 Août 2020

Who's Hoa ? Mehdi Allani, le tourisme dans la peau

Who's Hoa ?  Mehdi Allani, le tourisme dans la peau

Le quadragénaire n'a pas eu le plan de vie dont il rêvait. Cela ne l'a pas empêché d'atteindre ses objectifs. Récit d'une vie bouleversée mais maîtrisée. 
Il vit à 100 à l'heure et donne l'impression de mener sa vie comme il l'entend. Pourtant, celle-ci ne l'a pas épargné et a souvent modifié ses plans. Premier choc, surmonté avec brio : devenir CEO de l'hôtel Le Sultan à Hammamet à 21 ans.
 

 

Du cancre à l'élève modèle

Né à Tunis en 1976, Mehdi Allani a eu une enfance heureuse, baignant dans l'univers du tourisme, son père Mohamed Allani étant déjà propriétaire du Sultan. Dès ses 12 ans, le petit garçon sait ce qu'il veut faire : de l'hôtellerie. «  Au lycée, à Tunis, j'étais un peu le cancre de la classe. Je terminais chaque année avec 10, 01 de moyenne. Ce qu'on apprenait ne m'intéressait pas », se souvient le quadragénaire. A 16 ans, il arrive à Paris pour étudier à l'école hôtelière. « Je n'avais aucun repère – étant parti tôt, avant tous mes camarades de classe-, je ne retrouvais pas mon bien-être. Pourtant je suis devenu un élève exemplaire parce que je faisais ce qui me plaisait. Ce n'était pas facile pour autant. Je me souviens, par exemple, que les cours de cuisine ressemblaient à un véritable service militaire. » 

 

L'homme continue ses études et passe son BTS dans le même établissement en 1997. A 20 ans, il réussi le concours difficile de l'école réputé Cornell Essec. Mais son père décède. Mehdi Allani parvient à repousser sa rentrée à Cornell d'un an pour rentrer en Tunisie et s'occuper des affaires familiales.

© Le Sultan

Une famille solidaire
Il abandonnera rapidement son projet de reprendre ses études : « Je me suis rendu compte que si j'appliquais ne serait-ce que 50%, en 5 ans, de ce que j'avais appris à l'école, ce serait parfait. » Avec sa sœur aînée, Mouna, il co-gère le Sultan. La situation n'est pas évidente. « Il fallait trouver le juste milieu. J'avais un lien quasiment familial avec le personnel de l'hôtel qui m'avait vu grandir, mais je devais instaurer une hiérarchie », explique Mehdi Allani qui observe avant de prendre des mesures.

Rapidement, il déménage son bureau. « Le bureau du PDG était très beau et grand mais il était excentré. J'y suis resté quelques jours, puis je me suis installée à la table du Directeur général. C'était ma première décision et certainement la meilleure. Il faut être au cœur des choses pour mieux comprendre le fonctionnement et les personnes. Je suis très fier de la relation que j'ai réussi à créer avec mon équipe. » Rapidement, Mehdi Allani prend toute la responsabilité de l'hôtel alors que sa sœur s'attaque à un projet initié par leur père peu avant sa mort : la construction du Taj Sultan.

  Il n'y a pas de concurrence entre nous. Chacun veut le bien de l'autre Mehdi Allani, CEO Le Sultan Hammamet

En  2008, la famille procède à la séparation des biens. Mehdi devient le seul propriétaire du Sultan. Sa deuxième sœur, elle, reprend le Taj Sultan alors que Mouna se lance dans le projet de La Badira. Mais Mehdi tient à préciser : « On reste très solidaires, on se conseille entre nous. Il n'y a pas de concurrence entre nous. Chacun veut le bien de l'autre. En fait, nous sommes trois hôteliers en concurrence avec l'ensemble du parc hôtelier de Hammamet. »  

© Le Sultan 

Surmonter les crises grâce au marché local

Le Sultan est aujourd'hui un hôtel qui ne cesse de surmonter avec sagesse les épreuves de la vie. Crises, attentats, covid-19, confinement, d'un coup les réservations sont annulées. « Dans ces cas là, il n'y a rien à faire. Les promotions sont inutiles », soupire Mehdi Allani. Mais l'hôtel se rempli de nouveau et du jour au lendemain. « C'était le marché local. Un marché qui s'y prend à la dernière minute pour réserver ». « Cette nouvelle clientèle cherche la qualité, il ne fallait pas la décevoir », explique le PDG.

 

 © Le Sultan

 

 © Facebook Mehdi Allani 

Difficile d'interrompre l'homme, à la tenue toujours impeccable , qui continue à débattre du contenu de l'atelier dans les couloirs de l'hôtel Laico. Les formations, c'est justement un point crucial de la vie de Mehdi Allani : « en 22 ans d'activité, il ne s'est pas passé une seule année sans que je prenne des cours », explique l'hôtelier.

 

Mehdi Allani veut toujours faire mieux et vise à chaque fois le sommet. Un principe qu'il applique à son établissement quatre étoiles :  « Nous sommes devenus une référence de qualité », explique celui qui a refusé deux fois la 5ème étoile : « Je préfère être l'un des meilleurs quatre étoiles qu'un 5 étoiles parmi tant d'autres. » 

 

Maryline Dumas 

Le business du plaisir, épargné par la crise

L’ère est à l’entrepreneuriat. Mais par où commencer et quel serait le projet qui vous fera ...