Way Of Life

19 Octobre 2020

Mechichi KO dès le premier round, victime de la bureaucratie

Mechichi KO dès le premier round, victime de la bureaucratie

Une posture presque en acier, le dos bien droit, les mains positionnées face à la caméra, le pied qui vibre d’une manière presque continue ( stressé sayed Rais el houkouma apparemment), une langue de bois bien grinçante et un contenu aussi rempli qu'un restaurant après le couvre-feu, ama il était à l'heure.  Voilà comment Mechichi s’est présenté hier aux Tunisiens, dans sa première interview sur la chaine nationale. 

20h45, l'assiette de makarouna mharhra réchauffée, le verre de coca rempli, prêt pour 1h24 de show et de rêve qui va me redonner confiance ... Yabta fil habta

A la quête de l’équilibre presque parfait, Mechichi dérape rapidement et affirme : “nous aussi, nous faisons face au problème de la bureaucratie”, plus qu’une déclaration, la révélation du chef du gouvernement aussi inattendue qu'incompréhensible choque l’opinion publique et marque le ton d'une prestation qui sera encore une fois digne d'un pavé dans la mare. 

On touche le fond ? Hedhi él bidaya w mazzel mazzel. 

Le chef du gouvernement assure que jusqu'à aujourd’hui, le gouvernement n’a touché aucune aide financière provenant du Fonds de lutte contre le coronavirus 1818 (Bah rendez-moi mes 50 dinars de don alors ! j'ai même plus de quoi me payer un paquet de clopes). Il affirme qu’à l’origine, le problème est avant tout d’ordre administratif, sans communiquer dessus d’une façon claire et nette. 

Mais, peut-être par manque de coaching ou une grosse envie de jouer la cartouche Nazeha w chafaféya, la langue du chef du gouvernement a fourché, il rajoute que le gouvernement manque de dispositifs pour lutter contre le coronavirus. (Non mais allo quoi, t'es chef du gouvernement et tu ne peux pas essayer de mettre en place ces dispositifs ?)

Comme sur un ring de boxe, le journaliste et le chef du gouvernement ne se sont pas épargnés. Entre attaques et défenses, Mechichi a brillé par inadvertance, esquivant tantôt partiellement tantôt complètement les questions. L’interview, riche en promesses, n’a présenté aucunes mesures tangibles qui pourraient changer la donne du quotidien des nombreux Tunisiens laissés pour compte dans cette lutte contre le virus.


La Tunisie, entre langue de bois et brouillard

Dans ce cadre incolore et indolore, et face à des problématiques réelles comme l’augmentation du nombre de contaminations par la covid-19, la rupture de stock de certains médicaments et la crise économique qui nous met en apnée, le chef du gouvernement s’est retrouvé pieds contre le mur, mâchoire serrée, le regard dispersé entre affirmations, spéculations et consternation.

Avec des tirades hyper positives et qui donnent de l'espoir “maintenant c’est à l’Etat d’honorer ses engagements, nous allons injecter et mobiliser des fonds supplémentaires, la santé est notre priorité, nous allons faire des recrutements dans le secteur”, les attentes des Tunisiens, à chaque début de phrase du PM, s'élevaient avant de retomber comme un soufflé. 

Tout va mal, non il y a quand même une lueur d'espoir

Après ce constat accablant, on a fouillé dans sa prestation pour trouver de vraies lueurs d'espoir. On peut dire que le chef du gouvernement a de la poigne, entre uppercut et coup de poing, il n'a pas cessé d'esquiver avec conviction. Nous pouvons imaginer que le challenge du moment est de taille,  et qu'il ne peut être tenu responsable de toutes les catastrophes que nous vivons, nous lui souhaitons beaucoup de courage mais nous nous attendions quand même à une vision, un projet, une direction politique... que nenni !

Allez, c'est bientôt le couvre feu, je dois rentrer chez moi. 

 

Sooded Chouikha