Way Of Life

11 Septembre 2020

[Tribune] Haut les masques © Shiran Ben Abderrazak

[Tribune] Haut les masques © Shiran Ben Abderrazak

 J’ai testé pour vous, le voyage au temps du Covid 19 

Shiran Ben Abdarrazak
Présentation .. en quelques mots 
Voilà, ça démarre. Comme à peu près tout ici, ça a commencé par une notif Messenger. La Patronne des lieux me demandait si, par hasard, il y avait moyen de moyenner. Eh, oh ! c’est quoi ces airs graveleux là ? je vous reconnais bien, tiens ! tout de suite à se faire des films avec des idées mal placées… la question était purement pro. Bref, après une semaine de réflexion, je me suis dit que ouais, pourquoi ne pas tenter un truc après tout… et venir prendre mes quartiers d’automne sur Hoa

Je vous rassure tout de suite, on va pas être dans la prise de tête. J’ai rangé la tenue de prophète de l’apocalypse depuis un moment déjà (ok, ok, nul n’est à l’abris de rechutes occasionnelles, surtout cette année, mais je vous assure que je vais tout faire pour me contenir ) et je suis pas là pour vous prendre la tête sur l’économie créative, les industries culturelles et toutes mes obsessions quotidiennes de développement du pays par le biais de… oula, j’ai failli me laisser aller. Non, non, pas de ça ici. Pour ceux que ça intéresse, ils pourront toujours me trouver ailleurs sur ces sujets. 


Ici, je vous proposerai des chroniques, des tranches de vie, de la mise en scène littéraire, mais pas trop non plus, l'idée n'est pas de vous saouler... quoi que... un bar Hoa, ça serait peut être cool ? Bon reprenons.


Là, par exemple, je vous écris de mon bureau, c’est le début de la soirée, la journée est terminée et je devrais probablement rentrer chez moi. Mais bon, si je n’écris pas ce texte maintenant, il ne s’écrira jamais… À ma droite, il y a le résultat de mon test de dépistage Covid que je dois avoir avec moi encore une semaine pour pouvoir circuler tranquillement sans risquer de me faire arrêter et de risquer d’écoper de six mois de prisons. Oui, on ne rigole pas avec une pandémie monsieur…

Car oui, la semaine dernière, j’ai dû faire un aller-retour à Paris. Je devais y aller pour le boulot, même si j’aurais certainement pu faire l’essentiel de ce que j’avais à y faire sur Zoom, Whatsapp, Teams ou n’importe lequel de ces trucs qui sont devenus notre quotidien depuis le mois de mars. 

Pour ne rien vous cacher, j’ai bondi sur l’occasion pour me rappeler que les avions et les aéroports existaient toujours et n’avaient pas disparu à tout jamais, comme mon cerveau inquiet commençait à me le faire croire suite aux signaux dont tous et toutes ne cessent de nous inonder continuellement.

C’est-à-dire que j’étais de ceux (plus nombreux qu’ils ne veulent bien l’admettre) qui, quand ils ont vu passé la news que certaines compagnies avaient lancé le concept de vendre des billets d’avion pour atterrir là d’où l’on a décollé, après avoir ricané en fustigeant le capitalisme outrancier s’étaient quand même dit… « mmmm… en fait… pourquoi pas… ». 

Et, avant de me jeter la pierre et de me traiter d’horrible bourgeois ne pensant ni à son empreinte carbone, ni aux problèmes autrement plus graves que l’humanité vit au quotidien, rappelez-vous que mon travail m’astreignait de voyager une fois par quinzaine. De quoi ressentir rapidement un effet de manque assez fort une fois immobilisé sans préavis et sans aucune visibilité sur la reprise du mouvement ! Je n’en étais pas encore à ne plus pouvoir dormir qu’en mettant des bruits d’avion en fonds sonores dans ma chambre à coucher, mais pas si loin que ça non plus ( il est encore tôt pour me prendre pour un fou). 

Même la perspective de devoir me faire triturer (deux fois !) le cervelet avec un coton tige bien trop long pour être honnête ne m’a pas arrêté. On notera quand même que la procédure m’a semblé bizarre… généralement, il ne suffit que de quelques minutes de conversation avec moi pour se rendre compte que je suis négatif !

C’est vrai que les différents témoignages que j’avais pu lire ici et là sur ce test n’étaient pas super rassurant, mais bon, à la fin, entre avoir mal quelques instants et ne pas voyager, la réponse a été vite répondue… 

Un dernier problème, digne d’une escape room, devait être levé : réussir à trouver comment se faire tester et avoir les résultats des tests dans les temps impartis par la réglementation tunisienne et calculer la durée du séjour en fonction de ces délais. Après de nombreux appels et de nombreuses recherches, la solution a fini par apparaitre : les aéroports de Paris ont mis en place des laboratoires destinés aux passagers arrivés depuis moins de 48h et les résultats sont envoyés par mail entre 24 et 72h. Banco ! Il n’en fallait pas plus, à peine l’info confirmée j’étais déjà dans l’avion ! Déguisé comme Bruce Willis au début de l’armée des douze singes, mais finalement, n’est-ce pas la nature de l’homme de s’habituer à tout. 
Faut-il (re)voir « L’armée des 12 singes » ?
Pour la période d’auto-confinement au retour, le confinement général du premier semestre m’avait rôdé au management à distance et au télétravail et ne cela ne m’inquiétait pas outre mesure. Et puis j’étais certain de trouver une solution pour sortir de mon auto-confinement après une semaine. Où un fâcheux a sonné pour demander va savoir quoi alors que j’étais en pleine réunion zoom, il ne m’a pas laissé le temps de terminer de lui dire « Hajr Sahi », qu’il décampait en courant dans l’escalier.

Et, au final, ce nouveau normal dont tout le monde parle appliqué aux déplacements internationaux n’est pas si contraignant : il suffit de rester prudent, de porter ses masques (qu’il s’agit de changer régulièrement et de jeter écologiquement en retirant les bandes en plastiques), de garder ses distances, de se faire fourrer des cotons tiges géants dans le nez (ce qui, selon la délicatesse du praticien peut aller du léger chatouillement à la sensation désagréable mais tolérable de se faire planter un concombre dans le nez), et de rester enfermé chez soi cinq jours en cherchant un laboratoire à qui il reste du réactif. Vous voyez que ce n’est pas si compliqué ! 
 
A la prochaine, pour vous parler de ...