Start' & Tech

13 Mai 2020

Fast fashion Vs Slow Fashion expliqué aux nuls

Fast fashion Vs Slow Fashion expliqué aux nuls
La réouverture des magasins, le 11 mai dernier, n'est pas passée inaperçue. En effet, des "files d'attentes de plus d'une heure" ont été enregistrées, des vidéos et des photos de la ruée vers les cabines d'essayages ont fait le tour des réseaux sociaux. Sidération, consternation ou encore réaction légitime après deux mois de confinement, cette attitude en dit pourtant long sur l'avenir de la fast et de la slow fashion. 
Fast versus slow fashion

Mais avant toute chose, une définition s'impose. Qu'est-ce que la "fast" fashion ? Galvaudée depuis des années, cette expression résume en elle seule, la consommation de masse. Littéralement "mode" rapide, amorcé dans les années 70/80, le concept de fast fashion consiste à reproduire les collections, hors de prix, présentées lors des défilés. Autrement dit, c'est une démocratisation de la "mode". Mais alors, pourquoi cette mode pour tous dérange ? Collection d'hiver, d'été, pré-collections, collections croisières, Haute Couture... on note pas moins d'une vingtaine de collections qui, sitôt présentées, sont "récupérées" par les géants de la mode à petits prix. Ce cycle frénétique a pour conséquence, une production en masse -toujours à des coûts plus bas- et une consommation de plus en plus grandissante. Certes, la fast fashion est une forme de "démocratie" de la mode mais consommer sans réfléchir est-il éthique ? 

 

A contrario, la slow fashion est une pause dans le processus de production. Fabrication locale avec des matériaux écolo, tout en se détachant de la dictature des semaines de la mode, voici, grosso modo, la slow fashion. 
 
Avenue Habib Bourguiba le 11 mai dernier 
 

 Une conscience qui tarde à se manifester

 

Si aujourd'hui, on a vu fleurir des marques locales, Anissa Meddeb, jeune designer qui défile à Londres, Tunis et qui  expose aussi à New-York rappelle que "les jeunes designers sont encore des laissés pour compte. Les gens préfèrent acheter une pièce issue de la Fast Fashion par souci économique, ce qui est, a priori, compréhensible alors qu'au final, ils achètent plus et au final l'addition est la même." En effet, on peut lire dans une étude réalisée par l'association Barnado's que 80 milliards de vêtements, issus de la Fast Fashion, sont vendus chaque année. Mais les chiffres ne s'arrêtent pas là. Avant d'être jetée, "une pièce est portée 7 fois et seulement 3 fois en Chine". L'étude parle de "consommation jetable". Maintenant, selon le Boston Consulting Group, bureau international de conseil en stratégie, on achètera, dans 10 ans, 63% de plus de vêtements qu'aujourd'hui.

Ces achats qui émanent de la Fast Fashion ne semblent-il pas en inadéquation avec le pouvoir d'achat de la population ? Non, puisqu'on estime que "le PIB augmentera de 2% par an  dans les pays développés et de 4% dans les pays en développement". 

 Dernier chiffre et pas des moindres: le pape de la fast fashion, Inditex, qui compte parmi ses "soldats" les marques Zara, Bershka ou encore Pull and Bear peut se targuer d'une hausse de 6% des ventes globales pour l'année écoulée, ce qui le conforte dans sa première place du podium. 

Le bonheur des uns fait la galère des autres ? 

Mais au lieu d'acheter 10 t-shirts à 30dt, on peut bien en acheter un seul qui vient d'une marque locale ? Passionné d'avant-garde, Braim Klei préfère "rester authentique et produire des vêtements de qualité" que suivre les tendances et produire "en masse". Conscient des difficultés qu'il traverse tous les jours, le jeune homme continue pourtant de faire refléter son univers dans ses vêtements. "Je crée des pièces pour les aficionados de la mode, la vraie". Idem pour Anissa Meddeb qui rappelle que cette période de confinement "m'a permis de travailler avec les moyens du bord, à mon rythme et surtout, de me rapprocher de ma communauté". 

Anissa Aida et ses mannequins à la finale SS19 Outre-Mer Collection 
 
Si la Fast Fashion séduit, elle reste difficile d'accès. Pour Anissa "la mode c'est beaucoup de communication. J'ai fait des live avec mes abonnés, j'ai pu interagir avec eux, me rapprocher d'eux." Et si c'était "ça" le véritable pouvoir de la mode ? La mode pour tous est une mode où le dialogue est roi. 

C'est que qu'a fait le concept store SuperSouk via les "interviews des confinés". Depuis le confinement, chaque soir, "un super créateur tunisien" se prête à un "questions/réponses"  sur la mode et le lifestyle.  

Ce modus operandi a permis au consommateur tunisien de découvrir, d'une manière ludique, des créatifs locaux. 

Enfin, et même si les mentalités évoluent à pas de tortue, rappelons que la frippe n'a jamais eu autant la cote que ces dernières années et que c'est grâce notamment à l'achat de vêtements de seconde main comme cela est possible sur la plateforme Dabchy. 

Fatma SG